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Axe 01 / 15
Doctrine complète et chiffrée

L'écrémage de l'État

5,85 millions d'agents publics. 1 153 organismes recensés par le Sénat. Depuis trente ans, chaque gouvernement promet de simplifier l'État. Chaque gouvernement l'a fait grossir. Voici un plan qui se chiffre, se calendarise, et ne licencie personne.

Dans ce dossier
Le constat Ce que ce n'est pas Corps protégés Les trois leviers Coût et gain Le point CAS Pensions Calendrier Une référence Questions fréquentes
Le constat

La fonction publique française compte aujourd'hui 5,85 M d'agents, en hausse continue : +63 100 en 2023, +32 000 en 2024, +18 000 en 2025. Le seuil des 6 millions sera franchi dans les prochains mois. Elle représente 20 % de l'emploi total en France, contre 11 % en Allemagne et 17 % au Royaume-Uni.

Les dépenses de personnel représentent plus de 40 % du budget général de l'État, jusqu'à 60 % des budgets de fonctionnement des communes. C'est le premier poste de dépense publique, devant la charge de la dette et devant l'investissement.

5,85 M
agents publics, en hausse continue depuis trois ans
1 153
organismes publics nationaux recensés par le Sénat
40 %
du budget général de l'État en dépenses de personnel

Sources : rapport de la commission d'enquête sénatoriale, juillet 2025 (23 sénateurs, tous groupes) ; INSEE.

Ce que cette réforme n'est pas

Avant d'annoncer ce que nous faisons, nous nommons ce que nous ne faisons pas.

Quatre clarifications non négociables
  • Ce n'est pas la suppression du statut de fonctionnaire.
  • Ce n'est pas un licenciement de masse.
  • Ce n'est pas une attaque contre les enseignants, les soignants, les forces de l'ordre.
  • Ce n'est pas une réforme des retraites déguisée.

Le service rendu aux Français est le seul critère de décision : ce qui le sert est protégé, ce qui s'empile sans le servir est réformé. On renforce le guichet. On dégraisse derrière le guichet.

Les corps explicitement protégés

Cette liste sera inscrite dans la loi elle-même, pas seulement dans le programme.

Enseignants Personnels soignants Magistrats Police nationale Gendarmerie nationale Militaires
Les trois leviers

Trois mécanismes complémentaires, juridiquement disponibles aujourd'hui, sans révision constitutionnelle. On cartographie d'abord, on part ensuite volontairement, ou on ne remplace pas.

LevierCibleMécanismePostes (5 ans)
A. Rupture conventionnelle renforcéeAgents de 30 à 50 ans, postes classés supprimablesVolontariat, indemnité doublée à triplée, accompagnement 12 mois80 000 – 120 000
B. Non-remplacement cibléDéparts naturels, hors corps protégésArbitrage budgétaire annuel, poste par poste30 000 – 50 000
C. Fusion de structures~1 150 organismes publics nationauxCartographie 100 jours, ordonnances, reclassement40 000 – 60 000

Le levier A reste strictement volontaire : aucune contrainte, donc aucun licenciement. L'agent conserve l'intégralité de ses droits à pension, simplement gelés jusqu'à l'âge légal, exactement comme un salarié du privé qui change d'employeur.

Ce que ça coûte, ce que ça rapporte

Le dispositif est un investissement, pas une économie immédiate. Les indemnités de départ précèdent les économies de masse salariale : c'est une logique de réorganisation, comparable à celle d'une entreprise qui restructure.

150–230 k
postes mobilisés sur 5 ans, tous leviers confondus
4–6,5 Md€
coût brut total du dispositif sur 5 ans
5–8 Md€/an
économies en régime de croisière, scénario central ~6 Md€/an

Le point d'équilibre budgétaire est atteint entre l'année 2 et l'année 4 selon le rythme des départs. Sur 10 ans, l'effet cumulé sur le ratio dette/PIB est estimé à environ 0,6 pt, un ordre de grandeur modeste mais durable si la réorganisation n'est pas réversible.

Point de prudence

La seule fusion de structures, à missions constantes, ne génère qu'environ 550 M€ d'économies par an selon le chiffrage du Sénat, très inférieur aux montants parfois avancés ailleurs. La fusion sert d'abord à clarifier le paysage administratif et à libérer des postes pour les leviers A et B ; ce sont eux qui portent l'essentiel de l'économie. Cette mesure seule ne règle pas le problème de la dette française : elle s'inscrit dans un ensemble qui inclut la lutte contre la fraude fiscale et sociale et la réforme des achats publics.

Le CAS Pensions : le point qu'on vous opposera

Le compte qui verse les pensions des fonctionnaires est soumis à une obligation légale d'équilibre : son taux de cotisation employeur grimpe mécaniquement chaque année, indépendamment de toute réforme, parce qu'il reflète un ratio retraités/actifs qui se dégrade depuis des années. Ce taux affiché continuera donc de monter pendant la réforme, sans lien avec elle.

Notre règle de conception numéro un rend cette réforme neutre sur ce point à court terme : aucune mesure ne crée de versement de pension avant l'âge légal. Un agent qui part en rupture conventionnelle devient un ancien agent, pas un retraité anticipé. À long terme, l'effet est positif : moins de recrutements aujourd'hui, c'est moins de retraités de la fonction publique d'État dans vingt à trente ans.

Calendrier
Jours 1–100
Décret relevant le barème de la rupture conventionnelle. Lancement de la mission de cartographie des doublons. Annonce publique du périmètre des corps protégés. Premières fusions évidentes engagées.
Année 1
Publication de la liste priorisée des organismes à fusionner. Vote de la loi d'habilitation. Premier budget intégrant le non-remplacement ciblé. Campagne d'information des agents concernés.
Années 2–3
Exécution par vagues ministérielles. Ordonnances de fusion. Revoyure publique annuelle avec bilan des reconversions et tableau recettes/dépenses en annexe du budget.
Années 4–5
Généralisation du dispositif de rupture conventionnelle. Bilan de mandat public. Point d'équilibre budgétaire atteint.
Une référence : le Canada, 1994–1999

Le Canada a réduit ses effectifs fédéraux de 18,5 % (de 225 000 à 186 000 agents) via des incitations volontaires au départ, sans licencier personne. Les dépenses de programmes fédérales sont passées de 16,6 % à 12,4 % du PIB, le déficit a été éliminé dès 1997-98, et le gouvernement a été réélu deux fois. C'est la preuve qu'une réforme de cette ampleur est compatible avec la garantie de l'emploi et avec la réélection.

Les questions qu'on va vous poser
Non. Aucun licenciement contraint. Chaque départ est volontaire, indemnisé, accompagné pendant douze mois. Le Canada a réduit ses effectifs de 18,5 % sans licencier personne, et son gouvernement a été réélu deux fois.
Les agents en contact direct avec les Français (enseignants, soignants, magistrats, police, gendarmerie, militaires) sont explicitement protégés dans le texte de loi. La réforme vise l'empilement administratif derrière le guichet, jamais le guichet lui-même.
Non. Un agent qui part en rupture conventionnelle ne perçoit pas sa pension avant l'âge légal, ses droits sont gelés, pas perdus, exactement comme un salarié du privé qui change d'employeur à 40 ans. Aucune mesure de ce dispositif ne crée de versement de pension anticipé.
Ce plan est chiffré, calendarisé, et les structures ciblées seront nommées dès les cent premiers jours. Objectif : 150 000 à 230 000 postes mobilisés en cinq ans, avec une revoyure publique chaque année et un tableau recettes/dépenses publié en annexe du budget.
Ce taux affiché n'est pas un coût comparable à une cotisation du privé : c'est un ajustement comptable automatique entre deux lignes du même budget de l'État, qui grimpe mécaniquement depuis des années sous l'effet du vieillissement démographique, indépendamment de toute réforme. Il ne traduit aucune dépense nouvelle liée à ce dispositif.
Non. Le statut général n'est pas touché. Nous restructurons des organisations, pas des carrières individuelles. Les corps protégés sont nommés par la loi, pas laissés à l'appréciation d'un décret.
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